


Guide
pratique du vermicompostage
En Région bruxelloise, près de 34 % des ménages
possèdent un jardin et sont donc en mesure de composter
leurs déchets organiques. Parmi ceux qui ne possèdent
pas de jardin, il existe également un nombre non
négligeable des ménages qui possèdent
une cave, un garage, un balcon ou une terrasse. Autant d'endroits
où pourrait se dérouler un vermicompostage
… C'est pour cette raison, et pour aider ceux qui
souhaitent valoriser et réduire leurs déchets
organiques de cuisine, que l'IBGE éditera, pour la
fin de l'année 2003, une brochure sur le vermicompostage.
Cette brochure, qui détaille les principes fondamentaux
du vermicompostage, se veut être un guide pratique
pour vous aider à mener à bien votre compost.
Ce guide reprend, à cet effet, les différents
modèles de vermicompostières commercialisées
ainsi que des " trucs " pour les fabriquer de
manière " artisanale ". Il vous donne également
des conseils sur la mise en route d'une telle compostière,
sur sa gestion et sur les paramètres à prendre
en compte pour réussir son vermicompost. Les problèmes
les plus courants, avec leurs solutions pratiques, y sont
également abordés.
En résumé, vous trouverez dans ce guide tout
ce que vous avez toujours voulu savoir sur ce processus
naturel qui permet, grâce à l'action des vers,
de transformer vos déchets organiques de cuisine
en un engrais liquide et du compost qui nourriront et renforceront
vos plantes d'appartement. Le " Guide pratique du vermicompostage
" sera édité pour la fin de l'année
2003. Il peut toutefois être commandé dès
à présent auprès du service Info-Environnement
de l'IBGE.
Source : Action-Compost - Le journal des maîtres-composteurs
bruxellois
- Bulletin n° 9 - Inter-Compost,
c/o Inter-Environnement, asbl, rue du Midi, 165, 1000 Bruxelles.
Tél : 02/775 75 75 ou info@ibgebim.be Page d'accueil
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Voyage
en pays géopathogène
Le 10 janvier 2004, l’aéroport
de Zaventem voyait s’embarquer un groupe de «
lopettes » chargées en pathos et moulte matos.
Un chef décidé avec son bâton, une photographe
assidue et méthodique, un singlet aux fesses de rêve,
un manipulateur de cartes obsessionnel, une desiderata affamée
et effarouchée et deux coriaces associales aux mollets
rebondis.
La troupe part en voyage à
la Goméra, une île à l’ouest des
Canaries, dernière étape de Cristobal Colon
avant sa traversée pour les « Indes ».
Les lopettes comptent bien profiter de cette terre au climat
doux, au relief accidenté et aux savoureuses spécialités
culinaires. De bons augures rassurent l’équipée
motivée :
un vol bon marché avec une compagnie de charters
en rupture de paiement, précipitations annoncées
abondantes par de mauvaises langues, le seul espoir de ces
têtes brûlées réside en l’accueil
prédit très chaleureux de Catherine, notre
hôtesse à la Maison Rose.
Après huit jours de
marches forcées, qu’en est-il de nos randonneurs
?
- Le Chef : « Tout avait
pourtant bien commencé : l’ascension du pic
de Garanojay sans oxygène mais dans le brouillard,
les barrancos asséchés comme nos gosiers,
un affrontement permanent avec une nature hostile, des dents
basaltiques acérées, … mais l’épreuve
finale du plongeon en eau profonde fit se glacer d’horreur
certains et malgré tous mes efforts pour les encourager,
quatre membres du groupe n’auront pas leur brevet
de randonneur Gomérien (c’est pas rien). Ils
retourneront à Bruxelles avec leur statut de lopette
amoindrie ; cela m’attriste fortement mais je ne peux
plus rien faire pour eux … »
- Le Manipulateur Obsessionnel
trouve ces vacances très délassantes mais
fut quand même un peu traumatisé par les musiques
pseudo-planantes matinales, par le lever encore plus matinal
(je dirai même plus, nocturne …) de son camarade
de chambrée au demeurant fort sympathique.
Mais la vue de trois créatures marines équipées
d’un slip ergonomique ou encore de chaussures de randonnées
le trouble encore plus. Il est à prévoir que
ces trois créatures réapparaîtront,
sous formes diverses, dans ses rêves les plus fous
…
- La Désiderata :
Malgré l’œil attentif du guide, le niveau
du mojo, de la confiture d’oranges ou du vin du pays,
descendait aussi vite que notre joyeuse tribulacion gravissait
les sommets Gomériens.
Tel Colomb bravant les flots
hostiles, la gente féminine affrontait sans crainte
l’idée de quelques kilos superflus. L’astre
solaire dardant ses rayons sur les flots neptuniens ne pouvait
que les inciter à la bonne humeur. Au diable les
varices ! Garçon, remettez-nous une tournée
! ! !
- La Photographe :
Je me croyais pas trop mauvaise randonneuse mais j’ai
vite compris que mes petits camarades jouent dans une autre
catégorie. Quoiqu’il en soit, ce fut une réussite
totale. Tout y était : paysages de rêve, climat
idéal pour la randonnée, accueil et nourriture
excellente au gîte … et surtout : prenez sept
caractères très différents mais animés
d’un même amour de la randonnée et de
la nature, secouez bien (Didier s’en chargeait gentiment)
et vous obtenez un cocktail de vacances idéales.
On repart la tête pleine de paysages ocres, verts
et bleus, prêts à affronter la grisaille du
retour.
A quand le prochain voyage de Rando Plus ? ? ?
- Le Singlet :
J’ai découvert sept personnes tout à
fait différentes mais tellement complémentaires.
Une bande de copains et de copines, de la bonne humeur en
permanence, des gars et des filles fous de nature et d’évasion.
Grâce à Didier, j’ai découvert
une région qui m’était totalement inconnue,
des paysages fantastiques et une nature débordante
de vie. A représenter absolument …
- Une coriace associale :
Ce n’est qu’au lendemain du voyage de retour,
qu’enfin sortie de ma léthargie d’éthylo-hépathique,
je puis prendre la plume. Je n’ajouterai que du positif
puisque nantie d’une agréable compagnie de
chambre à l’abri des défaillances techniques
(pour le moment !), je me suis montrée béate
d’admiration devant tout ce qui m’entourait
(le petit oiseau, le grand Teide … jusqu’aux
fruits pourris tombés des arbres). Mais le pathos
évoqué plus haut était au rendez-vous
car nous avons été parmi les derniers à
se faire transporter par SOBELAIR et l’au revoir d’une
hôtesse, la larme à l’œil, n’a
fait qu’ajouter à l’émotion ressentie
en posant les pieds sur le sol natal.
Signé : Les lopettes
de Rando Plus.
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Nom
de dunes !
(Sources : natura 2000[1] formatage[2]
et « de kust » [3] )
Les dunes de La Panne sont
considérées comme les plus belles de la mer
du Nord. La plage à La Panne est également
une des plus étendues et des plus larges de la côté
belge et totalise un tiers des dunes. Les domaines naturels,
aussi, sont importants: 340 ha pour la réserve naturelle
du "Westhoek"; 61 ha pour la réserve communale
du "Oosthoek", 45 ha pour le "Calmeynbos"
et 100 ha pour le domaine de "Cabourg".
Une "pan" est une
petite vallée dans les dunes. Et ce n'est pas la
station balnéaire de La Panne qui démentira
cette définition. Les dunes de La Panne sont considérées
comme étant les plus belles des Côtes de la
Mer du Nord. La station balnéaire située à
l'extrême ouest de la côte belge possède
en outre à elle seule un tiers de toutes les dunes
de la Côte flamande, en ce compris une vaste étendue
de sable baptisée Sahara, et qui a déjà
servi à plusieurs reprises de décor à
différents films. Le caractère paisible de
cette immense zone naturelle constitue une excellente alternative
à l'animation de la plage et des grandes rues commerçantes
de la cité balnéaire.
Le Westhoek
Les vastes dunes constituent une réserve naturelle
nationale d'une superficie de 340 ha et baptisée
Westhoek. Celui-ci se compose de deux lignes de dunes, séparées
de la mer par une bande de mousse, de thym et de roses des
sables. C'est au coeur de cette réserve naturelle
que se trouve le "Sahara", une dune de 400 mètres
de largeur où l'on retrouve chacun des différents
stades de la formation d'une dune. On se croirait dans un
désert africain. Cette réserve naturelle héberge
en outre une grande multitude d'espèces animales
: l'hermine, la martre, le hibou des marais, le crapaud
à dos rayé, la salamandre des eaux et, bien
évidemment, le lapin, y ont tous élu domicile.
Les Dunes Cabour
Agées de 5000 ans, les Dunes Cabour sont les dunes
les plus anciennes de la côte flamande.
Pendant la première guerre mondiale, des conduites
de drainage approvisionnèrent les troupes en eau
potable pure. Une promenade dans les Dunes Cabour ne se
conçoit pas sans une visite du Musée. Cette
réalisation de l'Intercommunale des Eaux de Furnes-Ambacht
est un bel exemple de captage d'eau dans le Westhoek.
Au gré des salles de ce sympathique musée
d'Adinkerke, le visiteur se croirait à une autre
époque. Le captage y est expliqué de A à
Z. Des instruments anciens, des matériaux et des
documents d'époque illustrent cette passionnante
page d'histoire.
Le Bois du Calmeyn
Le Bois du Calmeyn est lui aussi un lieu de prédilection
des vacanciers et amoureux de la nature. Maurice Calmeyn
entama la création de cette forêt expérimentale
en 1903, avec pour objectif d'offrir un soutènement
aux terres des dunes. L'ensemble est aujourd'hui devenu
une superbe forêt avec sentiers aménagés,
menant les promeneurs des dunes jusqu'à la côte.
Dunes dunkerquiennes
Remarquable système dunaire littoral jeune (dunes
"dunkerquiennes") présentant pratiquement
toutes les végétations naturelles potentielles
des dunes flamandes dont il constitue le plus bel exemple
français, dans la continuité de la Réserve
Naturelle Belge du Westhoek.
Par sa géomorphologie
typique des rivages de la Mer du Nord (formes d'érosion
actives avec vastes dunes paraboliques, reliefs en crocs
et cahoudeyres, pannes en formation où affleure la
nappe phréatique, ...), ses conditions mésoclimatiques
originales et la multiplicité des conditions topographiques
et édaphiques, ce complexe de dunes jeunes forme
un ensemble naturel relictuel d'une très grande valeur
patrimoniale, abritant le système dunaire nord -
atlantique des côtes de la Mer du Nord le plus typique
et le plus représentatif à l'échelle
du littoral: ourlets et pelouses thermophiles internes uniquement
connus à ce jour du littoral flamand, pelouses dunaires
calcarifères à acidoclines en mosaïque
ou en succession tout à fait caractéristiques,
des cordons sableux les plus externes jusqu'aux cordons
internes en voie de décalcification , Arrhénathéraie
dunaire mésotrophe du Phelypaeo coerulei-Arrhenatheretum
elatioris, ...
Composition du site :
Mer, Bras de Mer
Dunes, Plages de sables, Machair
13 %
Eaux douces intérieures (Eaux
stagnantes, Eaux courantes)
Flore
Dans certains endroits abrités,
une végétation herbeuse riche en espèces
s'est développée. Elle reste encore caractérisée
par des plantes calciphiles particulières telles
que le Rosier pimprenelle, l'Hélianthème,
l'Orobranche du gaillet, le Grand serpolet, le Silène
penché et le Polygala vulgaire. Sur les crêtes
sèches des dunes, la végétation reste
souvent limitée à un fin tapis de mousses
et de lichens (dune de mousse ou dune grise). On y trouve
également, disséminées, une végétation
herbeuse riche en espèces , telles que la Pensée
des dunes, le Sacifrage tridactyle, la Laîche des
sables, la Koelérie blanchâtre et le Corynéphore.
Nous reconnaissons encore parfois les cuvettes desséchées
à des espèces telles que la Lysimaque et la
Salicaire. Dans le paysage récent de dunes mobiles,
les crêtes de dunes sont localement couvertes d'Oyat.
Ici aussi, seuls quelques vestiges des cuvettes humides
riches en espèces ont été préservés.
Les mares profondes hébergent par contre à
nouveau une végétation aquatique et ripicole
riche avec notamment des Characées, le Potamot dense
et surtout l'ache rampante, une plante très rare
au niveau international et protégée en Europe.
Faune
La faune ornithologique actuelle de la région comprend
principalement des oiseaux qui nichent dans les broussailles
tels que le Rossignol, la Tourterelle, la Fauvette et le
Fitis. La forêt et les arbres offrent notamment la
possibilité de nicher au Loriot, au Pivert, au Pic
épeiche et aux oiseaux de proie comme l'Epervier
et le Hobereau. En hiver, des grands groupes de Grives litornes
et de Mauvis s'installent dans les broussailles riches en
baies alors que des bandes de Tarins des aulnes recherchent
la forêt d'aulnes. Dans les mares, on voit réapparaître
divers amphibiens, dont le Triton crêté, une
espèce protégée en Europe. Des invertébrés
particuliers, comme le Petit nacré, survivent surtout
dans les vestiges de la dune grise.
[1]
natura2000.environnement.gouv.fr/sites/FR3100474.html
[2]
www.formatage.org/branches/realisations/minicroisiere/lapanne.html
[3]
www.dekust.org/FR/visiteur/stations_balneaires/de_panne/Curiosit%E9s/Domaines%20naturels/Dunes%20Houtsaeger/
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La
marche à pied nous renvoie à la mère
des migrations - Franck Michel
De la randonnée à la révolution
Par Franck Michel Anthropologue et président de l'association
Déroutes & détours ( http://www.deroutes.com
).
La randonnée est à la mode. Le voyage à
pied permet de retrouver les traces humaines effacées
par les voitures. Là où la route asphaltée
appelle à la compétition, les randonneurs préfèrent
les chemins de terre et de traverse, vecteurs de solidarité.
Il arrive que la marche soit politique : on marche alors pour
protester. Randonner, c'est davantage se mettre au pas de
l'autre qu'imposer sa cadence. Car marcher au gré de
son envie, c'est d'abord se redécouvrir soi-même.
Auteur de Voyage au bout de la route, éditions de l'Aube,
La Tour-d'Aigues, 2004.
La marche à pied nous renvoie à la mère
des migrations. Avant d'allier le geste à la parole,
l'homme, disait l'anthropologue Leroi-Gourhan, « commence
par les pieds ». La marche nous rappelle la bipédie
et ce qu'elle nous a offert : nos civilisations... Elle est
associée au plaisir. Toute randonnée se voit
écourtée si le promeneur ne ressent pas de plaisir,
même dans la souffrance. L'effort du randonneur est
souvent plus une bénédiction qu'une douleur,
même si, pour certains, le promeneur se transforme en
martyr volontaire ! La quête d'un plaisir inaccessible
et d'une harmonie improbable est essentielle. Elle motive
le marcheur-pèlerin. Simple et complexe à la
fois, la marche à pied atteste la vie qui démarre
tant bien que mal, une aventure humaine qui débute
vers l'âge d'un an. Le bébé marcheur trébuche
encore un peu.
Car la marche est aussi une démarche,
un prétexte à la séduction. Des premiers
pas chez soi aux expéditions dans l'Himalaya, il y
a un grand pas que les seuils de la vie permettent de franchir.
Forme de résistance solitaire non dénuée
de nostalgie, la marche est toujours un pas fait en direction
de l'autre. Une rencontre qui exige de l'effort sur soi. C'est
une thérapie, à la fois psychologique et physique.
Le marcheur gagnerait à être remboursé
par la Sécurité sociale, l'Etat devrait y songer,
il ferait peut-être des économies...
Des rêveries de Rousseau aux semelles
de Rimbaud, ce sont ensuite Stevenson, Thoreau, Lacarrière,
Bouvier, Lanzmann et tant d'autres qui nous incitent, en les
lisant, à enfiler nos chaussures. Pour notre plaisir
comme pour notre santé. Défi à la vitesse
et au bruit, la marche incite à la modestie, pousse
à la curiosité, encourage au silence, suscite
la méditation. Elle invite au repli, à l'intimité,
à se taire pour mieux écouter. Elle peut également
se muer en un prélude à l'apprentissage de la
liberté, et s'imposer comme le premier pas d'un acte
de résistance... Car marcher est aussi un appel à
l'unité dans la multitude. La marche réfère
au mouvement. Donc à l'action. Quand la société
tout entière bouge, et non le sujet seul, cela produit
le mouvement social. La marche comme démarche politique.
L'homme qui marche est un être debout.
Le sculpteur suisse Alberto Giacometti, célèbre
pour ses personnages filiformes, considérait avant
tout l'homme debout comme un homme en marche, avec dignité
et sensibilité. Le marcheur est le manifestant par
excellence, celui qui proteste contre l'injustice, qui se
lève et s'élève contre, ou se bat pour,
bref celui qui progresse et avance, pas à pas, refuse
de se taire et de se terrer. Grandes marches ou petits pas,
l'histoire en retient les traces, et les défilés
politiques ou les pèlerinages religieux participent
de ce vaste mouvement. Un voyage à visage humain La
révolution est l'une des voies. Ainsi, pour l'anarchiste
russe Kropotkine, « la révolution sociale est
une route à parcourir, s'arrêter en chemin équivaudrait
à retourner en arrière. Elle ne pourra s'arrêter
que lorsqu'elle aura accompli sa course et aura atteint le
but à conquérir : l'individu libre dans l'humanité
libre (1) ».
Plus d'un siècle a passé et
tout laisse à penser que soit la route est trop longue,
soit on s'est trompé de route ! La marche s'impose
quand le ras-le-bol s'installe. Celui qui marche est forcément
debout, non résigné, non abattu, non servile,
et c'est ce qui donne à la colère du marcheur
toute sa force. Marcher pour manifester, c'est aussi barrer
la route, installer des barricades ou camper sur les voies
de passage. Les grèves de routiers l'attestent. Lorsqu'on
immobilise la circulation, c'est tout le coeur de l'économie
marchande qui suffoque. Sans transports, plus d'acheminements
de biens et de personnes, et avec des routes bloquées
comment le citoyen pourrait-il encore consommer à sa
guise ? C'est le piédestal du système qui menace
ainsi de s'effondrer, et avec lui nombre d'illusions de la
société du bonheur marchand. A ne pas confondre
avec le bonheur en marchant.
Mais comment comparer la marche avec le marché,
le marcheur avec le marchand ? Cela n'arrive plus ou presque
: les colporteurs ont disparu ou sont refoulés mais,
à de rares occasions, on voit des commerçants
énervés se mettre, eux aussi, en ordre de marche
pour manifester, ou contre-manifester... La mère des
marches contestataires porte une date : le 1er Mai. C'est
la date mythique de la marche sociale, celle qui permet au
peuple d'avancer et de faire reculer le patronat. La marche
permet alors de se faire entendre. Le rituel s'instaure, la
foule en colère vire au rouge, en brandissant des banderoles
et des pancartes, en criant des slogans, en chantant des hymnes
révolutionnaires. Le premier de tous les 1er Mai fut
celui de 1890, à Chicago. Il a transformé une
simple grève de protestation en marche organisée
et collective. La voie était tracée pour marcher
dès que le monde va mal. La marche devient un acte
militant. Et un souci supplémentaire pour les autorités
en place. Marcher, c'est partir en révolte, et cela
indispose l'ordre public : le nomadisme rebelle est opposé
à l'ordre sédentaire. Les marches renvoient
certes aux manifestations, au militantisme, à l'acte
de protester ou de revendiquer.
Mais elles ouvrent aussi la voie aux défilés
militaires. Elles affirment le pouvoir. Marches d'Hannibal
sur Rome, de Jules César sur la Gaule, des troupes
napoléoniennes (et plus tard hitlériennes) en
Russie, etc. Les exemples de marches guerrières ne
manquent pas. Mues par un esprit de conquête avant tout.
La Marche sur Rome de Mussolini, en 1923, n'est pas la Longue
Marche de Mao, en 1934-1935, mais les deux préfigurent
la marche vers le pouvoir suprême. On marche pour monter
un jour les marches du pouvoir et de la gloire. En une année,
de l'automne 1934 à celui de 1935, Mao Zedong a réussi
un coup politique de maître, mais le coût humain
de l'épopée fut terriblement élevé.
Cent mille hommes parcoururent entre 8 000 et 12 000 kilomètres,
entre Juichin au sud et Wuchichen au nord de la Chine, ne
cessant de se battre en cours de route contre des troupes
ennemies, plus nombreuses et mieux armées. La persévérance
et la motivation eurent raison de la loi du plus fort, et
l'exploit est à la mesure du pays : immense. L'histoire
retiendra le chemin parcouru, par les hommes comme pour la
Chine, et minimisera les souffrances.
Il faut également évoquer les
célèbres marches pacifiques, celle du sel de
Gandhi, en 1930, ou celle de la paix de Martin Luther King,
en 1963 : elles constituent surtout deux formidables témoignages
de la force de la non-violence. La Marche du sel du Mahatma
s'est déroulée en Inde sur 400 kilomètres
entre le 12 mars et le 6 avril 1930. Tout démarre avec
une poignée de sel dans la main de Gandhi, qui proteste
contre le monopole que l'Angleterre impose aux colonisés.
D'économique, la marche devient vite politique, accentuant,
précipitant l'histoire de l'Inde contemporaine. Il
y eut aussi les marches de Martin Luther King, d'abord en
Alabama, pour obtenir l'abolition de la ségrégation
raciale dans les bus, puis dans d'autres Etats du Sud contre
toutes les formes d'apartheid (notamment scolaires), pour
aboutir à l'immense rassemblement de Washington, le
28 août 1963, et à l'inoubliable I have a dream.
Il est intéressant de relever qu'il prodiguait aux
marcheurs « des consignes de non-violence qui allaient
jusqu'à recommander d'éviter d'obstruer la chaussée
en se limitant aux trottoirs et aux bas-côtés
(2) ». Des marches lentes, silencieuses, pacifiques
dans l'espoir de faire avancer le droit. La discrimination
recula trop lentement, et cette méthode douce n'empêcha
pas Martin Luther King d'être assassiné.
En France, de la Marche des beurs à
la Marche des femmes, la lutte contre toute discrimination
continue de passer par l'acte de cheminer, non sans résultats
probants en bout de course. Entre marche au pas, retraite
forcée et marche de libération, il existe bel
et bien de multiples manières de marcher... On a par
ailleurs toutes les raisons de s'inquiéter lorsqu'une
rue se transforme en route ou en boulevard, car cela signifie
plus de contrôle et moins de liberté. Les larges
avenues permettent de voir loin, tout comme elles favorisent
le passage, ici de cars des forces anti-émeutes, là
de chars d'assaut. On se souvient de l'image du tank arrêté
par un homme en juin 1989 sur la place Tiananmen, à
Pékin. Combien de personnes écrasées,
piétinées, tuées pour un char détourné
?
Il y a aussi des marches qui s'apparentent
à des exils. Voilà près d'un millénaire
que les Tsiganes - ou leurs ancêtres - ont fui le nord-est
de l'Inde pour échapper à l'esclavage. Une «
longue marche » encore occultée de nos jours.
Les marches forcées prennent diverses apparences. Certaines
sont plus sombres que d'autres : celles des esclaves d'antan
ou des enfants esclaves d'aujourd'hui, toujours africains
et noirs, qui par colonnes humaines avancent enchaînés
les uns aux autres à travers la brousse d'Afrique sous
la surveillance de marchands d'ébène. D'autres
marches forcées ont pour terres d'élection la
Sibérie ou l'Asie centrale, celles si bien décrites,
dans leurs récits poignants, par Ferdynand Ossendowski
et Slavomir Rawicz (3). Le premier est en Sibérie et
a été dénoncé aux bolchéviques
tout juste arrivés au pouvoir : nous sommes en 1920,
il parvient à éviter le peloton d'exécution
et gagne la forêt pour atteindre, à pied, l'Inde
et la Mongolie.
Le second relie le cercle polaire à
l'Himalaya durant la seconde guerre mondiale, une randonnée
particulière, après son évasion en avril
1941 d'un goulag du nord de la Sibérie ; quinze mois
et 6 000 kilomètres parcourus, et l'auteur survit à
l'épreuve après avoir traversé le terrible
désert de Gobi. Sa persévérance force
l'admiration du lecteur : « Je n'ai jamais touché
le fond, ce point ultime où s'impose la capitulation.
Une part infime de mon esprit se cramponnait à l'idée
que renoncer revenait à accepter de mourir. »
Résister est au coeur de la démarche qui conduit
le marcheur déterminé sur la voie de l'espoir.
Il y a enfin la marche finale, celle qui relève de
l'indispensable utopie, qui convie in fine à un monde
meilleur, comme le suggérait dans Les Damnés
de la terre Frantz Fanon, mort en 1961, à l'âge
de 36 ans, qui tenta de poser de nouveaux jalons d'espoir
: « Nous voulons marcher tout le temps, la nuit comme
le jour, en compagnie des hommes, de tous les hommes. (...)
Pour l'Europe, pour nous-mêmes et pour
l'humanité, camarades, il faut tenter de faire peau
neuve, développer une pensée neuve, tenter de
mettre sur pied un homme neuf (4). » Les derniers mots
de son livre furent également le dernier mot de Fanon,
ce médecin militant hors du commun qui essaya d'extirper
sans relâche la peur de l'autre. La marche est indissociable
de la vie : ne dit-on pas communément « ça
marche » pour signifier que cela fonctionne ? Marcher,
c'est refuser de s'arrêter (souvent « en si bon
chemin »), d'éteindre, de s'éteindre aussi,
bref de mourir.
Symbole de la vie, la marche nie la mort.
D'ailleurs, les fantômes qui parcourent nos cimetières
ou nos rêves ne sont-ils pas des morts en marche, des
morts vivants ? Le débat reste ouvert. Toujours est-il
que la marche est sans doute l'un des modèles d'une
errance active, riche en expériences, dont les sentiers
restent encore à explorer. En cet été
de tourisme de masse, la marche à pied est un voyage
à visage humain.
Franck Michel.
(1) Cité par Jean Préposiet
dans Histoire de l'anarchisme, Tallandier, Paris, 2002, p.
278. (2) Cité par André Rauch (éd.) dans
La Marche, la vie, Autrement, Paris, n° 171, mai 1997,
p. 85. (3) Lire Ferdynand Ossendowski, Bêtes, hommes
et dieux à travers la Mongolie interdite, 1920-1921,
et Slawomir Rawicz, A marche forcée, à pied
du cercle polaire à l'Himalaya, 1941-1942, Phébus,
Paris, respectivement 1995 et 2002. (4) Cité par François
Maspero dans Les Abeilles et la Guêpe, Seuil, Paris,
2002, pp. 165-166.
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La
position verticale selon Piero Soave
(Piero Soave)
La position verticale serait la plus économique pour
toutes les formes vivantes à la surface du globe terrestre.
Les végétaux, dans l’ensemble, ont trouvé
la solution du problème ; les animaux l’ont perdue
; et l’homme seul, en adoptant définitivement
la position verticale, a pu dériver dans le domaine
du mental des quantités énergétiques
désormais vacantes. Elle serait donc définitivement
affectée du signe plus. Cette circonstance associée
à d’autres, secondaires mais toutes convergentes,
telles que le phénomène de croissance s’accomplissant
chez l’homme principalement le long de l’axe vertical,
la position du cerveau à l’extrémité
la plus élevée du corps, celle du soleil, source
de vie, au zénith dans son maximum d’intensité
apparente, l’attitude verticale associée aux
périodes d’activité, l’horizontale
aux temps de relaxation, de déficience et de mort,
d’autres encore, constituent dans leur ensemble un faisceau
d’explications très suffisantes au sujet du choix,
en vertu duquel on parle d’un « grand homme »,
des « cimes de la pensée », des «
bas fonds » de la société,etc.,etc., de
l’enfer qui est « en bas », du ciel «
en haut, des anges munis d’ailes et des montagnes résidences
des dieux ou lieux électifs d’échange
entre hommes et la divinité…(Samivel).
Au milieu de nos balades, quelques pas derrière
le groupe, souvent je m’aperçois que je ne partage
pas l’horizon linéaire de ceux qui me précèdent.
Oui, je sais, les Ardennes sont bien vallonnées et
heureusement parmi nos pilotes il y en a plus qu’un
qui nous fait savourer l’ivresse des montagnes russes
en plein milieu des bois où il nous fait quitter la
rivière paisible fonçant à contre-courant
vers le ciel. Mes pensées, souvent, errent à
la recherche d’une vraie montée, celle qui ne
te laisse pas douter de l’angle de la pente, qui te
fait avaler la salive et t’arrache l’air des poumons,
qui pioche au- dessous de l’écorce dans tes mollets,
qui t’égare la vue avant de la faire bondir à
travers le dénivelé ; mais oui, chaque véritable
montée amène à un sommet, la plupart
du temps caché au- dessus de notre tête, qui
enfin se matérialise sous nos pieds, lorsqu’ils
deviennent les ailes de tout l’esprit, sublimé
par les vastes horizons circulaires dévoilés
tout au bout de la montée.
Voyez ce que veut dire marcher entre Bruxelles,
Namur, Arlon ou Liège en sondant toutes les aspérités
du terrain dans l’attente de franchir le niveau qui
transforme la marche dans une progression d’angles taillés
sur une ligne verticale. Tout en respectant l’expérience
et l’intuition de nos pilotes maîtres dans l’art
de zigzaguer sur les traces de leurs valeureux ancêtres
éburons, de la Gallia belgica, moi, descendant des
latins, je ne cesse pas de rêver, le long de ces marches
d’entraînement à l’effort «
inutile »- qui me rappelle une chanson d’enfance
«il le cherche et ne l’atteint jamais (le but)
»- à la haute montagne qu’un beau jour
paraîtra comme dernier écueil du sentier arpenté.
Peut-être je n’aurai pas gardé la meilleure
forme de la jeunesse mais je suis sûr que, alors, tous
les kilomètres avalés en horizontal me pousseront
si loin de sorte à faire entasser le vide sous chacun
de mes pas. Et enfin, en tournant mes pensées vers
le plat pays, comme ces soirs-ci de lune pleine je regarde
l’Atomium en montant sur mon toit, je pourrai conclure
mes mémoires un peu comme J. César : veni (je
vins), vidi (je vis), vici, (je renversa le destin, en y montant
dessus) : piero
Enfin, ça peut faire plaisir d’apprendre
par Samivel, pseudonyme tiré de Dickens, ancien membre
du groupe de haute montagne, pionnier de la défense
de la Nature, grand voyageur et observateur du monde, que
: le mythe d’Icare intéresse particulièrement
les montagnards car il symbolise un élan volontaire
vers l’altitude suivi d’une chute !
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Congés
scolaires 2009-2010 et congés bancaires
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| 2009-2010 |
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| Vacances d'hiver |
du lundi 22 décembre 2008 au vendredi
2 janvier 2009 |
| Congé de carnaval |
du lundi 23 février au vendredi
27 février 2009 |
| Vacances de printemps |
du lundi 6 avril au vendredi 17 avril
2009 |
| Fête du 1er mai |
Vendredi 1er mai 2009 |
| L'ascension |
jeudi 21 mai 2009 |
| Le lundi de la Pentecôte |
lundi 1er juin 2009 |
| Les vacances d'été débutent
le |
Mercredi 1er juillet 2009 |
| Rentrée scolaire |
mardi 1er septembre 2009 |
| Toussaint - congé d'automne |
Lundi 2 au vendredi 6 novembre 2009 |
| Armistice |
mercredi 11 novembre 2009 |
| Vacances d'hiver |
lundi 21 décembre 2009 au vendredi
1er janvier 2010 |
| Congé de carnaval |
lundi 15 février 2010 au vendredi
19 février 2010 |
| Pâques - vacances de printemps |
lundi 5 avril 2010 au vendredi 16 avril
2010 |
| Ascencion |
jeudi 13 et vendredi 14 mai 2010 |
| Lundi de Pentecôte |
lundi 24 mai 2010 |
Les vacances d’été
débuteront
|
le jeudi 1er juillet 2010 |
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| CONGES
BANCAIRES 2010 |
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| Nouvel An |
Vendredi 1er janvier 2010 |
| Vendredi Saint et Lundi de Pâques |
Vendredi 2 avril et Lundi 5 avril 2010 |
| Fête du travail |
Samedi 1er mai
2010 |
| Ascencion et vendredi suivant |
Jeudi 13 et vendredi 14 mai 2010 |
| Lundi de Pentecôte |
Lundi 24 mai 2010 |
| Fête Nationale |
Mercredi 21 juillet 2010 |
| Assomption |
Dimanche 15 août
2010 |
| Toussaint |
Lundi 1er novembre 2010 |
| Armistice |
Jeudi 11 novembre 2010 |
| Noël et lendemain |
Samedi 25 décembre
2010 |
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Robert
Walser
Le 25 décembre 1956 Rober Walser, cet
amoureux un peu fou de la balade solitaire, disparaissait
à jamais. Son corps a été retrouvé
sur un chemin forestier, étendu au-dessus de la neige
de Noël.
Un demi-siècle après, le 30
décembre 2006, lors d'un matin ensoleillé de
cet hiver paresseux, je suis sorti seul en raquettes pour
fuir la foule d'une station d'hiver. Le bois d'épicéa
sur les côtes de la montagne paraissait également
un homme sur la cinquantaine avec une chevelure ébouriffée
avec des mèches candides entremêlées aux
branches et racines éparses sur le chemin. Le bruit
de fond de la vallée était presque un sanglot
suffoqué. Le sentier s'ouvrait devant moi pareil aux
vagues d'une mer morte. Le bois cependant frémissait
et sursautait à chaque son qui le percutait, à
chaque trace qui le traversait, étranges signaux des
dizaines d'être vivants cachés autour de moi.
A fur et mesure que je progressais en altitude au milieu du
parque national du Grand Paradis (qui a été
crée en 1922), je m'apercevais davantage seul que d'habitude.
Les arbres à côté de moi, tout étant
figés sur une posture d'attente infinie, paraissaient
bien plantés et parfaitement orientés. Ils m'invitaient
donc à me détendre, à monter sans être
pressé sur ce sentier, à chaque courbe de niveau
si doux et mystérieux, à me laisser aller en
faisant confiance à cette voie empruntée sans
penser ni au débout ni à la fin. Une fois la
forêt terminée, je me suis retrouvé sur
une vaste plaine immaculée, domaine de la toundra alpine.
Au-delà d'un alpage abandonné et enseveli, la
vue s'étendait large jusqu'aux crêtes. Le soleil
de midi, encore derrière les sommets, dessinait comme
une frise opaque sur la marge inférieure du ciel bleuté.
J'avais l'impression d'avoir plongé dans le monde qui
était avant et qui sera après mon passage dans
cette vie. Ma mère endormie à jamais flottait,
finalement libre et inépuisable comme une force de
la nature. Air, lumière, vent et obscurité.
Je n'avais qu'à céder à cette plénitude
sans craindre la solitude universelle, un puits bien plus
profond de la flaque d'eau qui perçait mon âme.
Enfin solitaire plus que jamais, mais également solidaire
avec la nature rude et inconnue, pourtant suffisante à
elle même.
Robert Walser, avec sa morte solitaire, ses
ormes perdues entre la neige de Noël, a écrit
le plus beau poème inachevé sur la communion
de la nature avec l'homme, tel qui l'était au bout
de son existence errante, autant discrète que la chute
de la première couche de neige de cet hiver paresseux.
La Neige
(Der Schnee, p.103)
La ville entière est cette nuit
une splendeur blanche de conte.
Doucement je suis sorti
dans la neige, la neige appliquée
pour à l’air libre
lancer des youpis à tue-tête.
Après tout j’invente ainsi des notes ;
pour ces hommes distingués dont je veux être
il ne convient pas de crier sa joie de vivre.
De cela se préoccupent les rustres
qui ne se plient pas aux douces prières.
Ainsi j’allais donc vraiment très
doucement à travers l’éclat absent de
la lune,
car il neigeait. La neige n’est pas dure,
bien plutôt tendre, humide et molle ;
Les flocons qui tombent
sont caressants plus que secs.
C’est comme s’ils embrassaient
quelqu’un et comme s’ils le savaient,
comme si la première et douce neige savait
qu’elle ne fait pas mal aux petites joues
qu’elle effleure de son écume.
Si je ne me trompe,
mon étrange manière casanière m’a
permit
d’attraper un beau tableau d’hiver !
Vers le haut
Le
Géant des Montagnes (http://www.alpesattal.com/Default.asp)
 |
Je veux vous conter l’histoire
d’un géant de la montagne. Un homme qui depuis
dix ans est allé vivre tout seul à 2097
m les 4 saisons en face du mont Rose. Un solitude royale
la sienne, l’annonce le pancarte sur la dernière
pente de 850 m de dénivelé qu’il faut
avaler pour s’approcher de lui : vous êtes
dans un endroit où les aigles apprennent à
voler et les rêves à chevaucher les étoiles.
Il lui a fallu deux ans de traversée des Alpes
pour dénicher ce coin perdu panoramique, assez
bien ensoleillé et béni d’une source
d’eau. Un alpage de fin 1800, après la dernière
guerre ruiné, qu’il a rebâtit en bois
et en brique et revêtu de sa robe en pierre du cru,
lui-même maître d’ouvrage et bête
de somme (60 kg de matériel à chaque fois
le long du sentier escarpé). Il a fait recours
à l’hélicoptère seulement pour
transporter la bétonnière et les poutres
du toit. Ce jeune licencié en philo depuis l’âge
de dix ans cultivait le rêve de quitter son lac
de Como natal pour aller fabriquer en hauteur un chalet
à lui, comme celui d’ Heidi parmi les alpages
suisses, dont il garde encore dans son nouveau nid l’album
d’images de son enfance. Son métier est celui
de vivre, pas de survivre en attendant de toucher le salaire,
de jouir de vacances ou tout court de travailler le jour
et dormir la nuit. |
| En effet ça peut lui
arriver de passer 24 hrs d’affilé à
couper ou manipuler le bois pour faire sa provision d’hiver
ou fabriquer un lit pour accueillir les hôtes de
son B&B surélevé. Maintenant il est
en train d’ajuster les panneaux solaires pour capter
tous les rayons possibles pendant la saison froide et
de remplir ses tanks d’eau afin d’être
prêt à endurer le premier enneigement à
la fin d’octobre, car la nature lui a appris d’être
prévoyant. Et quand tout gèle autour de
lui, c'est ne pas non plus chez lui l'entrée en
léthargie car la piste de raccordement entre sa
haute tanière et le pied de la vallée demeure
toujours ouverte. Il lui faut seulement se munir de rampons
et raquettes. Jour et nuit, ainsi, il échappe à
la routine en montant ou descendant de son plein gré;
une fois la piste battue, encore plus rapidement que lorsqu'elle
est sans neige. |
|
De temps en temps Giuseppe va à Milan
pour arrondir ses revenus en faisant de gros travaux manuels.
A minuit, il quitte son nid, enfourche sa camionnette, arrive
lorsqu'il fait encore nuit à l’adresse métropolitain
convenu et à 6,30 sonne à la porte du client,
qui s’inquiète pour sa ponctualité (les
plombiers ne sont jamais à l’heure en ville).
Et il a beaux d’expliquer qu’il vient de se lever
après un bon sommeil réparateur dans sa camionnette
garée en face de l’immeuble du client. Une fois
par an, donne à ses parents âgés, qui
n'avaient pas approuvé son choix de vivre à
l'apparence farouche, le droit au regroupement familial, en
profitant du fait que le 5 août, lors d'une fête
patronale, l'hélicoptère fait service de navette
avec la vallée.
 |
Et les femmes...lorsque
je suis monté il y avait une amie à lui,
citoyenne, à l'aider à faire le ménage;
ensuite il m'a confié que les occasions ne lui
manquent pas, son problème est plutôt l'inverse,
d'arriver les faire partir une fois qu'elles prennent
le goût à cette vie hors tous clichés.
Il n'est pas de tout possessif avec l'autre sexe; l'a
bien compris une journaliste qui voulait l’interviewer
dans son B&B tout en ne sachant pas l'adresse. Lorsqu'elle
lui a avoué, une fois épuisée par
la montée, qu'elle devait le lendemain rentrer
à Verona à 11h30, l'a réveillée
à 2h30 du matin pour l'embarquer sur le premier
train avant l'aube. |
| Son compagnon le plus fidèle
s'appelle Jago, un chien pasteur du Caucase de 5 ans,
un peu moins gros que lui (75 kg contre 100 kg) qui s'est
bien adapté à cet habitat à loups.
Une fois seulement il s'est enfoui en bas, 12 minutes
lui a fallu pour descendre à flairer l'odeur d'une
congénère en chaleur; Giuseppe derrière
lui a mis le double de temps. Hélas, trop tard
pour l'empêcher de tuer un caniche et blesser son
patron, qu'ignoraient d'avoir à faire avec un Jago
à quatre pattes en crise d'abstinence. |
|
J'ai passé un jour et
une nuit au B&B d'Alpe Sattal; j'y ai des amis qui n'avaient
jamais dormi dans un refuge: ils étaient au septième
ciel. La nuit nous avons causé, rigolé, chanté,
joué la guitare, jusqu'aux premières heures
du matin nous n'avons eu que des pensées positives,
le seul dogme que Giuseppe impose à ses hôtes....
Le petit balcon de l'alpage se penche sur le vide de nuages;
et au-delà de cette couche, le Mont Rose arbore deux
de ses sommets de 4000 (entre autres la Punta Gnifetti, 4559,
du refuge le plus haut d'Europe).Et à 7 hrs tout le
monde est déjà dehors pour assister au levé
de rideau sur ce majestueux théâtre en plein
air.
Grand Giuseppe et ton B&B (blues bénédictin):
vis ton rêve et travaille!
Piero
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Le
Guide des Taches
Lors des randonnées
il n'est pas rare de se salir ... un peu. Que ce soit
de la boue ou plus embêtant de la sève
les taches sont parfois tenaces. Voici un petit guide
qui vous aidera - peut-être - à vous en
débarasser !
Guide
des taches (1,4 MB !) |
|
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EN
MARGE DE ... Le Chasseur d'Eclipse en Andalousie
Oui, même cette année bissextile
j’ai réussi à dénicher la lune
rouge dans les cieux les plus méridionaux de la péninsule
ibérique. Et cela malgré les prévisions
des modernes devins qui annonçaient des perturbations
atmosphériques sur toute l’Espagne. En effet,
lorsque j’ai atterri à l’aéroport
de Malaga, la région souffrante de sécheresse
chronique se réjouissait de cette semaine sainte de
pluies ininterrompues. Une trêve d’une journée
cependant venait de s’intercaler, mais les bulletins
météo insistaient sur la persistance des nuages
même pendant la nuit de mon rendez vous avec la lune
rouge. Il fallait alors s’armer de patience pour se
tenir aux aguets des trouées dans les nuages jusqu’aux
petites heures du matin.
En guettant la terre de l’avion, j’avais
pourtant entrevu les pentes abruptes de la Sierra Nevada plus
candides que d’habitude s’avancer à travers
le brouillard pour atteindre le grand Bleu sans franchir des
grandes barrières nuageuses. Une fois débarqué
de l’avion, le soleil demeurait vainqueur sur le littoral
de Malaga. J’ai exploré les anfractuosités
de la côte orientale à la recherche de l’endroit
le mieux placé pour être à l’abri
d’un éventuel retour du mauvais temps et sortir
sans d’autres gênes la nuit. Ainsi j’ai
écarté le balcon d’Europe, au centre de
Nerja, bien panoramique mais bondé de touristes pour
la plage hors saison. Rien à faire non plus dans le
pittoresque château arabe de Salobreña, inaccessible
aux chrétiens errant la nuit. J’ai fixé
enfin mon camp de base dans un hostal très spartiate
près de la bourgade d’Herredura, avec sa plage
en fer à cheval derrière un promontoire. Le
temps de voir le soleil couchant faire son clin d’œil
sans froncer ses sourcils de nuages. Avant de me coucher,
un petit détail a redoublé ma confiance : faute
d’autres moyens d’alerte dans l’hostal,
j’avais acheté dans un bazar chinois un réveil
assez bruyant mais armé d’une sirène au
son retentissant, vite placée sur l’heure fatidique
: 2,45 a.m. de l’entrée de la lune dans l’ombre.
Réveillé sur le coup, je suis
sorti dans la foulée sur la terrasse encore en pyjama.
Ma bien aimée était toujours là, bien
escortée d’un couple d’astres fidèles.
Un triangle isocèle surplombait la mer : Saturne au
sommet, la pleine Lune et Régulus du Lion à
la base. Vite habillé je me suis précipité
sur la plage de la veille avec un équipement d’astronomie
choisi exprès pour l’avion : uen paire de jumelles
11 x 70 ancrée sur un trépied de photos et mon
appareil compacte, qui hélas devait rester presque
aveugle.
Déjà à 3 h. une petite
égratignure ronde (due à l’ombre de la
Terre) se devinait sur le lobe supérieur gauche de
la lune, de plus en plus marquée dans les minutes suivantes.
Le soir avant j’avais commencé à subir
l’envoûtement de la pleine lune qui venait de
se lever de la montagne. Je convoitais la surface de son disque
pareil à un amoureux d’une femme qui admire sa
peau : même les moindres anomalies, dans mon cas les
rides des cratères ou les dépressions des mers,
se transformaient en grains de beauté. Maintenant qu’elle,
penchée au balcon du haut de la mer, dévoilait
à moi seul toute sa beauté, j’attendais
d’apercevoir les prémices de son nouveau déguisement.
Petit à petit une tranche orange et brune faisait surface
à la marge de son disque déjà ombragé.
Mais ce qui me captiva davantage était l’autre
partie, encore éclairée, d’où venaient
de se profiler les traits d’un être vivant. Des
yeux à noyau d’amande et un relief de nez pointu
et bouche petite se dessinaient comme le visage d’un
panda géant, tandis que la chevelure de plus en plus
touffue assumait une teinte verte de gris. Pour longtemps
je suis resté sidéré par cette ressemblance,
qui a finit pour sceller l’image de la lune lorsqu’elle
était rien de plus qu’un contour en filigrane
filtrée par l’ombre de la Terre.
A 4 h. l’éclipse était
totale (d’une durée de 50 minutes), même
si ce n’était pas vraiment la lune rouge annoncée,
amalgame de toutes les aubes et crépuscules du monde.
Autour de moi, j’entendais la cadence lente des vagues
sur la plage, du large des cris de mouettes invisibles m’arrivaient
à peine confus ainsi que de la colline planait l’aboiement
d’un chien andalou. A part eux, à cet endroit-là
aucun être vivant ne restait subjugué par l’enchantement
d’une nuit lunaire: sa lueur éteinte laissait
paraître une prairie d’étoiles auparavant
inaperçues.
Derrière moi un monument s’élevait
solitaire en mémoire du marin inconnu qui avait périt
lors d'un naufrage de la flotte espagnole, sortie de Cadiz
en août 1562 et emportée par un violent orage
au fond des eaux de la baie en face de moi. L’homme
sculpté levait son bras sur l’épave d’un
navire. Moi, moins héroïque sans doute que lui,
mais également isolé comme un chien andalou,
navigateur sans boussole ou astrolabe, toujours sous l’enchantement
doux d’ une lune plus moresque que rouge, je m’étais
hissé sur le perchoir d’un maître-nageur.
La musique silencieuse de la mer ainsi que la faible transparence
de la lune, toujours reine des étoiles, m’avaient
libéré des soucis, comme si j’étais
sur l’escalier de l’eau dans le jardin d’architecte
de l’Alhambra.
Subitement je me souvins que dans la même
tranche horaire d’il y a dix ans, à 4 h 39 était
né, à Bruxelles sous la pluie, mon fils Alessandro,
jusqu’aujourd’hui le rayon le plus éclatant
de ma vie. Entre temps dans le ciel le char de la grande Ourse
flanquait le bige de la pleine Lune toujours traînée
par l’impétueux Saturne. Cependant, lorsque –
à 5 h. du matin- la première caresse du soleil
venait d’effleurer la croûte lunaire, du côté
opposé à celui qui en premier s’était
effondré, la lune se trouva encerclée d’un
rideau de nuages qui finit pour l’engloutir bien avant
que son disque ne s’allume. Et comme dans toutes les
aventures, une veine d’amertume brisa la fin de cette
sortie de noctambule pas du tout ivre. Pour l’Histoire
il s’agit de la dernière éclipse totale
de cette première décennie et du numéro
3.505 dans le derniers 5000 ans.
Je laisse au lecteur, qui a eu l’amabilité
de suivre mon récit jusqu’à la fin, de
trouver sa réponse à la question suivante. Dans
ce monde globalisé ou plutôt village global où
nous sommes destinés à vivre, peut-on encore
séparer la réalité de la fiction, la
vision du songe, la poursuite d’un but dans l’espace
de l’ambition inassouvie sur la terre ? Moi, à
l’aube du 21 février 2008, je n’ai qu’une
demie réponse, affirmative.
Piero Soave
EN
MARGE DE ... Le pays de Rainis et Aspazija
Le couple Rainis et Aspazija, précurseurs
de la social-démocratie lettone, auraient bien pu être
comme le binôme Sartre-De Beauvoir si leur Pays était
la France.
Lui le plus grand écrivain de Lettonie,
digne du Nobel et candidat échoué à la
Présidence de la jeune République, elle poétesse-
féministe, exilés d’abord et enfin réunis
au chalet au bord de la mer du Golfe de Riga, où s’alimentait
la flamme de liberté de leur petite patrie.
Depuis 1991, la Lettonie avec les deux autres
républiques, âmes sœurs, est sortie indemne
d’une résistance collective à l’occupation
étrangère -durée 50 ans- et culminée
avec une grande chaîne humaine-la via Baltica- de 2
millions de personnes, tranchant les frontières de
la peur et de la haine et renouant les liaisons du sang. C'est
impressionnant comment subsistent des endroits, anciens sièges
de l'oppression et de la terreur, si bien intégrés
dans un cadre urbain paisible et de pure esthétique!
Telle est la vue du somptueux palais aux balcons à
balustrades bombés, aujourd'hui désaffecté,
sur l'animée rue de la Liberté (jadis Stalin)
ou la police secrète Cheka (KGB) tenait ses quartiers.
Ou le parc de la Victoire (1941), bénéficiant
à l'occasion d'une couche gelée (-14°) propice
au ski nordique, qui exhibe encore une colonne à forme
de fusée, ébréchée d'un côté,
et à la base un groupe armé qui accule au mur..quelqu'une
du peuple, traitée d'ennemie.
Car en juin 1941, tragique fut ce genre de
victoire pour les victimes bourgeoises de la première
occupation soviétique, entre autres des filles prélevées
à la sortie d'une fête et dépêchées
en Sibérie en talons aiguille sur des wagons à
bestiaux. Un échantillon du convoi est resté
ancré sur le quai de la gare de Tornakalns, pour remémorer
les touristes directes à la côte de Jurmala,
ou ternir davantage la vie des russes, enracinés dans
les faubourgs à l'ouest de Riga, comme celui de Zolitude,
truffé des stakhanovistes blocs de maisons. En guise
de triomphe pour sa retrouvée indépendance,
la vielle ville hanséatique a érigé un
très riche espace muséal sur les trois occupations
du Pays (dont 2 soviétiques) sur la place de la Mairie,
un bâtiment noir à forme de bunker, qui contraste
avec l'élégance et le style éblouissant
de la maison des têtes noirs, la confrérie allemande
des marchands célibataires qui ont fait de leur richesse
un trésor d'héritage pour la ville.
Et cela peut-être est la carte secrète
de la Renaissance de Riga et de la Lettonie à l'aube
du XXIème siècle: par sa légèreté
d'esprit, qui fait partie de l'art ressortie de la vie, parvenir
à traverser les périodes les plus obscurs d'asservissement
et de pénurie pour étaler au plein jour des
fruits incorruptibles de beauté dans tous les ouvrages
de l'homme. C'est comme ça qu'il faut goûter
le genius loci en se laissant traîner le long des allées
Elizabetes et Alberta (Jela) où les plus beaux fleurons
de l'art Nouveau se côtoient.
Des masques tragiques, des cariatides et des
géants, nature stylisée et foisonnante nous
submergent du haut de palais, dessinés par des architectes
comme M.Eisenstein, père du créateur du Cuirassé
Potemkine. Alors, on peut se croire dans l'empyrée
tout oubliant de la misère, de l'injustice et de l'ambiance
sordide que l'Histoire a semée sur les pavés
de la ville, sans assujettir à jamais son visage d'humanisme.
Piero Soave

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