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Les calcaires dévoniens sont très
résistants mais susceptibles d'une pénétration
verticale profonde de l'eau. Ils sont caractérisés
par des phénomènes karstiques importants (Karst
= région calcaire de Yougoslavie où les roches
solubles sont abondantes). Les grottes de Han-sur-Lesse, Remouchamps,
Hotton, etc. se trouvent dans ces calcaires. Dans la région
de Nismes, le relief reflète bien la géologie
: alternance de dépressions (schistes tendres et imperméables)
et de crêtes (calcaires résistants à l'érosion
; l'eau y pénètre à la faveur de nombreuses
fissures).
Lorsque les premières rivières
actuelles, comme l'Eau Noire, se sont établies, elles
ont traversé des roches meubles déposées
par la mer (il y a entre 65 et 25 millions d'années).
Au cours du creusement de leur vallée, ces rivières
ont fini par atteindre les roches dures de l'ère primaire
dans lesquelles elles ont continué à s'enfoncer.
Trois étages du dévonien (couvinien, givétien
et frasnien) ont été définis.
Dans ces calcaires, parmi les phénomènes karstiques,
les fondris (fondrys) ou abannets sont uniques. Ce dernier
terme signifie que le bétail est à bannir (écarter)
car risques de chute !
La taille de ces dépressions naturelles,
résultat de l'érosion chimique du calcaire par
les eaux souterraines, peut atteindre 200 m de diamètre
en surface et 50 m en profondeur. Beaucoup ont une forme conique
(Matricolo), d'autres sont plus allongées comme le
fondri des chiens. Ces vastes et profondes cavités
ont fourni du minerai de fer en quantité depuis la
haute antiquité.
L'entre-Sambre-et-Meuse est un des berceaux
de la métallurgie belge (le terme de fondri vient de
fonderie). Les gisements de fer d'excellente qualité
sont nombreux, peu profonds et voisins du combustible càd
le charbon de bois, fourni par les forêts de Fagne et
d'Ardenne (déjà au temps des gaulois le minerai
était traité sur place dans des bas fourneaux
à bois).
Au cours des siècles, non seulement
le minerai des fondris était traité, mais même,
grâce aux progrès techniques, les " crayats
de sarrassins" (dépôts de scories datant
de l'antiquité). Du 16ème au début du
19ème siècle, la région est un centre
de l'industrie du fer. Les forges alimentent les fabriques
de canon et la fonte se vend en Flandre, en Brabant et en
France par chariot puis par les premiers chemins de fer (qui
nécessitent du métal pour leur réalisation).
Le chemin de fer permet le transport vers le bassin de Charleroi
où les fourneaux fonctionnent maintenant à la
houille. Vers 1838, beaucoup de minières cessent toute
activité (surproduction et retard dans le tracé
des chemins de fer).
Aux abords des fondris, les amas de scories
disparaissent, récupérés en raison de
leur teneur encore élevée en fer. L'introduction
de nouveaux minerais (minette du Luxembourg) est fatale à
l'industrie régionale qui s'éteint peu après
1872).
A Nismes, le travail du bois a relayé l'industrie du
fer. Le haut fourneau, situé au fond du parc du château
Licot, fut transformé en scierie et la fabrication
de sabots devient une spécialité locale. L'apogée
de cette industrie est atteinte pendant l'entre-deux-guerres
avec 6 saboteries mécaniques. Le mot sabotage proviendrait
de sabot : les petits sabotiers ont détruit les premières
saboteries (coût de revient << manuel . Attention
: ceci = explication à l'écomusée :en
réalité, quand Jacquart à Lyon a fabriqué
les premiers métiers à tisser, les ouvriers
ont jeté leurs sabots dans les machines en bois et
les ont ainsi détruites d'où le mot sabotage
!). Les garages, en Bordure de l'Eau Noire, sont les petits
ateliers des artisans chassés des forêts par
les gardes forestiers.
La Genèse des fondris

A l'ère tertiaire, la mer (1) envahit la région
et des sables se déposent au fond (2). Ils recouvrent
les calcaires dévoniens qui, après avoir été
plissés en d'importantes montagnes à la fin
de l'ère primaire, ont été aplanis essentiellement
durant le début de l'ère secondaire (3).

Les dépressions commencent à
se former après le dernier retrait de la mer. Des climats
tropicaux apportent alors chaleur et pluies abondantes (4)
permettant le développement d'une végétation
luxuriante (5) sur le nouveau continent. L'infiltration, dans
les sables du sous-sol (6), des eaux de pluie acidifiées
par le gaz carbonique (C02) du sol entraîne la dissolution
des calcaires du socle sous-jacent (7) mais aussi le lessivage
du Fe de certains minéraux, comme la glauconie, contenus
dans les sables.
Ce fer dissout se dépose ensuite au
contact du calcaire, sur le fond des dépressions en
cours de formation (8).
Celles-ci se localisent aux endroits où des zones de
faiblesse de la roche (nombreuses fissures, calcaire plus
soluble, ..) permettent une pénétration verticale
de plus grandes quantités d'eau dans le calcaire (12)
favorisant ainsi un approfondissement de la dépression
grâce à une plus grande dissolution.

Sous la couverture de sables tertiaires s'élaborent
ainsi une série de dépressions au fond tapissé
de minerai de fer (limonite) (9), hérissées
de pitons calcaires (11) et séparées par des
parois ou des zones moins altérées (10).

Depuis l'aube de l'ère quaternaire, il y a environ
2 millions d'années, les conditions climatiques se
dégradent très fort. Les sables sont érodés
et les calcaires exposés à l'air libre (13)
se transforment en collines. Seuls les creux calcaires gardent
les sables (14).

L'homme vide les poches contenant le fer et laisse ces grandes
dépressions à ciel ouvert (15). Certaines cavités
sont encore comblées.
Schémas et explications extraits
de “Itinéraire de la Calestienne”, Neuray
et Quinif, 1987
Le fondri des chiens est le plus spectaculaire
des fondris. On peut suivre le contour fort irrégulier
de la dépression qui présente des piliers calcaires
dressés ou effondrés.
Le calcaire givétien ne montre pas ici de couches superposées,
il correspond à un récif corallien qui a été
édifié en forme de dôme. Les organismes
constructeurs sont visibles sur les parois où ils apparaissent
en relief car ils sont moins solubles que la roche enveloppante.
Les stromatopores par ex. ont un aspect zonaire caractéristique
de lames calcaires. Les traces de l'érosion chimique
du calcaire peuvent aussi être observées : cannelures,
rigoles verticales et nombreuses niches. L'entrée d'une
petite grotte se trouve à droite en descendant le chemin
d'accès. Le minerai de fer de ce fondri a été
extrait dès l'époque romaine et traité
au pied du versant S-0 exposé aux vents dominants.
Source : M. Hamelrijckx Janvier 2006 Athénée
des Pagodes
Athénée des PAGODES - rue de Beyseghem, 141
- 1120 Bruxelles
http://www.brunette.brucity.be/pagodes1/vierves/vierves_geo.htm
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